L'ENVIE D'APPRENDRE

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Le stress et le cerveau de l'enfant.

Nous pouvons aisément admettre que souvent nos réactions sont démesurées. Nous sentons en nous des impulsions de violence envers des personnes pour qui nous avons pourtant de l'affection. La question est de savoir la raison pour laquelle nous adoptons des comportements excessifs et pourquoi les enfants ne font pas tout simplement ce qui leur est demandé.

Il est utile de tenter de comprendre les motivations de nos comportements. Dans la notion de stress, qui a été introduite par le professeur Hans SELYE dans les années 1950 pour décrire la réaction d'adaptation de l'organisme face à toute stimulation.

 

 

Le stress est une réaction d'adaptation. Afin d'assurer notre survie, dans notre cerveau, la glande appelée amygdale a pour fonction de réagir face au danger. Sa fonction remonte au plus lointain de l'origine de l'homme voire de l'animal. Nous trouvons dans notre cerveau l'adrénaline ou la cortisol qui sont des molécules qui vont mobiliser la totalité de notre corps pour combattre ou fuir. Dans le cas ou ni l'in ni l'autre n'est possible, le corps s'immobilise, "fait le mort" dans une réaction dite de repli. Le corps se met alors en état d'insensibilité. Ces réactions interviennent face à un danger, mais aussi une frustration, une contrainte, stimulateurs eux aussi, de stress.

 

Le stress est aussi du domaine des réactions physiques. Adrénaline et cortisol dans le corps, accélération du rythme cardiaque, mobilisation contraction musculaire, mâchoires qui avance, trépignation des jambes, ressentis dans tout le corps d'un énergie puissante et vive.

L'adulte a en principe les moyens d'identifier et de maîtriser cette réaction de stress. Le cerveau de l'enfant ne permet pas encore de réguler ce stress.

Nous entendons parler de "limites" à donner ou à poser aux enfants, limites qui nous engagent souvent dans des rapports de force, quitte à y dépenser beaucoup d'énergie. Cette énergie nous la mettons davantage à profit dans le rapport de force en réaction immédiate de défense, plutôt que de trouver des solutions annexes. A lutter pour être le plus fort, tout le monde y perd.

 

Nous pensons avoir convaincu l'enfant et l'avoir ramené "à la raison" car il s'arrête. Cependant ce n'est pas qu'il est devenu sage, il s'est juste mis en position immobile, de repli, afin de laisser passer l'orage, de se protéger,par réflexe de stress. Notre stress stresse les enfants et provoque une réaction biologique qui débranche les couches supérieures du cerveau. Quand nous demandons à un enfant en colère ou dans une émotion de réfléchir à son comportement, ses fonctions cérébrales ne le lui permettent pas à e moment là car le cerveau n'est plus branché.

 

On peut reconnecter le cerveau et désactiver la réaction de stress. L'ocytocine est l'hormone de la relation, de l'amour, elle permet de calmer le stress. Un regard, un geste empathique,un sourire, permettent à l'enfant de retrouver toutes ses capacités cognitives et de gérer le stress. La question que l'on peut se poser est de savoir si le fait de ne pas relever ce qui a été considéré comme inacceptable par le parent ne va pas être compris comme du laxisme. Si nous pensons cela c'est souvent parce que nous considérons l'amour ou la qualité d'une relation comme une récompense. Priver l'autre de cela est le punir. C'est souvent dans nos histoires familiales et éducatives que cela naît et demeure de génération en génération.

 

Les neurosciences témoignent que manifester de l'empathie, de l'amour, un lien avec l'enfant en particulier, comme l'adulte, active une sécrétion d'ocytocine. Cela multiplie le nombre de récepteurs d'ocytocine dans le cerveau, diminue les hormones de stress,augmente l'immunité et développe les circuits neuronaux dans le cerveau préfrontal.

le cerveau préfrontal est ce qui encourage l'empathie, la maîtrise de soi, la régulation des émotions, l'anticipation,la capacité, et de comprendre l'impact de nos actes,le sens des responsabilités.

 

C'est ce cerveau là que nous voulons développer chez l'enfant. Cela est possible par une intention, un geste, un sourire, qui répond aux besoins de sécurité, d'appartenance et de reconnaissance chez l"enfant comme chez l'être humain. Par ces actes nous éduquons nos enfants à la responsabilité, à l'autonomie, nous développons leurs chances de comprendre, d'apprendre, et de se saisir du monde. Nous les musclons pour faire face au stress. Nous leur apprenons à avoir le comportement adapté à la situation et aux enjeux.  L'empathie et tout ce qui tend à développer la qualité de lien relationnel, c'est de l'énergie positive pour lutter contre le stress.

 

Article rédigé par Laurent CACCIAGUERRA d'après l'intervention d'Isabelle FILLIOZAT au TEDx



21/12/2015
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